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SACRIFICIEL
Enseigne aux sacrements du bord sonnance universelle Traits de plume où dard me soient du Parthe en grand secret Ces cris d'ancien carquois par quoi me la récrire Fulminée d'abois au pas des sépultures Sébastien plus rauque ce joyau de mes tiercés Ta geste
En giclent sens pour sang précieux ne cherche Pas si décochée la flèche ou si les palmes Soulevées te vante seul le vent selon qu'il tourne La girouette joue girant le jour de ton carnage Rien n'y fait ni larmes ni de croire un bref destin Voulu de longue date exalte l'imprévu L'ivraie de vigne-chanvre à vendanger par phèmes Vierges et martyre interposé ne cherche Pas à refouler ce qui te laisse périssable Dépérir d'un pas royal et mesuré Pourquoi veux-tu que t’évidant ce vers j’y donne à voir Par jeux de mots comment et quand la Mort te veut Chantant faucher pour la beauté du diable ne demande O toi qu'un rien suffit à crier sur les toits A qui le cri ni quel seigneur et maître de ce dire T'assassine dans le Temps et dans l'Espace
GAIANO
LES CENT PAS Il fait les cent pas. Aller retour. Il les compte. S'y perd : n'y arrive... ou les dépasse. A quoi bon ? Sinon que le temps passe. Il n'entend pas Se dégainer des glas sur son palier Ni les souliers marquer le pas
1. AU BOUT DU ROULEAU On le dit lassé par la constance de ce désert qu'il n'en finit pas de regarder. Il balance d'une main dans l'autre et retour les cailloux, distraitement, l’œil sur l'horizon comme sur le mur d'une prison.
La scène change. Nous voilà tous à gratter le sable, à genoux dans un même préau, chacun pour soi. Tel parfois redresse le dos, courbatu, regarde l'autre et sort quelques mots. Puis se remet à gratter. L'autre après un temps se dit qu'on lui a parlé , s'efforce de reconstituer le message par l'écho qui lui en reste. Et risque une ou deux phrases droit devant soi. Le premier, est-ce qu'il les entend ?
2. FUGITIFS D'où veut-on qu'il s'évade, le poème, sinon de ce préau grillagé que sont le discours utilitaire et son monotone chaînage. Vers quoi ? C'est là ce qu'on ne sait. Comme si comptait seule l'éva- sion d'échapper à quelque servitude. Parmi cent mille ailleurs possibles, quel deviendra, le temps pour l’œil de balayer la page, le seul vivace enfin l'ici perçu pour bienheureusement divers, d'une fugace diversité mais incontrovertible :
A l'heure où tout déjà proclame convoyeurs D'un sens inespéré ces vers je les relance Indésireux de leur raideur prématurée M'en tordre à vie radeaux oraux semblants de corps Astral aux grandes migrations ne fuir qu'en faux départs
3. APPAREILLAGE
Par le poème si m'évade, c'est à sa rigueur de geôlier que je le dois. S'en trouvent plus indescriptibles ces lieux où m'entraîne. Migration lente, le convoi s'ébranle. A mots si courants, que de son bord encore se captent, quoique déformés déjà, reflets de quelque banlieue sournoise, derniers vestiges mémorés de prose urbaine près de s'occulter. Ces bribes assignables de l'itinéraire, leur disparition bientôt nous confirme lancés sur la bonne voie.
4. LA DERIVE CONTINENTALE On le dit là. Même on vous donne l'adresse. Or le voilà parti, le tour est joué. Prévisible. Ces longues années d'effort, poings fermés, à me battre avec l'ombre d'une forme à la fois inéluctable et rebelle. Mieux la domine, plus m'y soumets ; elle me captive. Et de vous me sépare. Par cet écart lentement creusé, par ce découplage, par ce double entendre compulsif se confirme à tous égards la coupure : au loin, très loin, les autres. J'observe ce qui les meut, les occupe la plupart. Etonnant, mais peine m'en étonne : avec détachement. Tiré mon épingle du jeu. Si l'on sonne, je n'y suis plus.
Et doute si jamais y fus, j'ai fait semblant. Certains, du reste, le soupçonnent : qu'à vous leurrer s'emploient mon visage courant, ma trousse de bonnes manières. Comme ferait la plaque de cuivre poli vissée sur la porte : nom, prénom, qualités, - que nul ne croie possible une méprise.
Or, demeurant en place les stucs de la façade, je défile, me défile, embarqué dans ma barque frêle, solenne, avec des visions au canif sur les planches, m'en propitier un fuyant infini
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